Aung San Suu Kyi et Jennifer Chary deux femmes inculpées l’une en Birmanie, l’autre en France, pour des faits similaires avoir hébergé quelqu’un.

 

 

 

 

Lundi 19 mai, Carla Bruni-Sarkozy réclamait la libération de Aung San Suu Kyi , dans une "lettre ouverte au gouvernement de Birmanie", dont une copie a été transmise par l'Élysée aux agences de presse.

 

Nous rappelons rapidement la cause de ce courrier. Le 4 mai dernier Aung San Suu Kyi (prix Nobel de la Paix en 1990) était arrêtée en Birmanie et on apprenait qu'elle allait être l'objet d'un procès dans les jours suivants. Les faits qui lui sont reprochés sont seulement d'avoir « hébergé » un homme de nationalité américaine qui venait de traverser à la nage le lac qui borde la propriété où elle était assignée à résidence.

 

Nous soutenons bien entendu l'appel des 155 organisations liées à la Ligue des Droits de l'Homme qui demandent sa libération, car il n'est pas admissible qu'un gouvernement puisse s'appuyer sur des faits aussi insignifiants pour priver de ses droits et de sa liberté un opposant politique. Néanmoins, pour l'heure nous souhaiterions uniquement nous attacher aux faits qui sont à l'origine de son arrestation et de sa traduction devant les tribunaux pour les comparer à d'autres faits qui, eux, se sont produits en France.

 

Le 11 mai dernier comparaissait devant le tribunal correctionnel de Dijon Jennifer Chary, une française de 23 ans, poursuivie pour "aide au séjour irrégulier". Les faits constitutifs du délit sont qu'elle a hébergé son concubin avec lequel elle devait se marier le 11 avril dernier. Lui  était un jeune marocain sans papier. Le jeune homme expulsé vers le Maroc le 7 avril, le mariage n'a pu avoir lieu. Ce même 11 mai, son procès a été suspendu devant le tribunal où elle comparaissait dans le cadre de la procédure de « reconnaissance de culpabilité » qu'elle a refusée. L'affaire devrait être jugée dans le cadre normal d'une procédure de comparution en septembre prochain. Compte tenu des faits qui sont reprochés à Jennifer Chary, selon l'article L622-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, elle encourt jusqu'à cinq ans de prison et 30 000 euros d'amende,

 

Dans les deux affaires, les faits qui sont reprochés aux deux femmes sont similaires : l'hébergement d'une personne. Dans les deux cas le lien entre les faits et l'objectif recherché est tout aussi ténu - se débarrasser d'un opposant dans le premier cas, le renvoi d'un sans papier dans le second. Et pourtant quelle différence de traitement médiatique…Et quel dommage que la première Dame de France, toujours prompte à défendre les femmes qui subissent d'injustes privations de liberté, n'ait pas envoyé à la presse la lettre ouverte qu'elle a, sans aucun doute, dû d'envoyer à son tendre époux Nicolas Sarkozy !

 

A propos de Carla Bruni

//www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-05-19/appel-carla-bruni-sarkozy-reclame-la-liberation-de-la-birmane-aung-san/924/0/344676

 

A propos de Jennifer Chary

//www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/07/jennifer-chary-coupable-d-aimer-un-sans-papiers_1190292_3224.html

 

Pour l'article L 622- 1 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile

//www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006335286&cidTexte=LEGITEXT000006070158&dateTexte=20090529&fastPos=4&fastReqId=1239702321&oldAction=rechCodeArticle



10/06/2009
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